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Des religions : objet d’aliénation ou de libération en Afrique?

Des religions : objet d’aliénation ou de libération en Afrique?

POINT DE VUE
@minsilizanga

Des religions…

L’exploit est d’avoir réussi à :

1-Créer un vide en tuant la spiritualité antérieure

Qui connaît l’histoire africaine, ou prend le temps de plonger dans celle de sa communauté, retrouvera les mêmes éléments : chrétiens ou musulmans, ces religions se sont imposées par la violence, en détruisant toutes les spiritualités antérieures. Ou du moins en s’y essayant. Vous remarquerez que je ne dis pas « religions antérieures« , mais « spiritualités » parlant de l’Afrique ancienne.

Dans mon peuple par exemple (Beti du Cameroun), il n’existe plus officiellement aujourd’hui aucun des rites de protection de la société. Or, ce sont ces rites, menés par les Guides spirituels légitimes de ce peuple, qui « régulaient » la société, équilibrant positivité et négativité.

De ce fait, les tendances et comportements déviants étaient « sous coupe », si je peux parler ainsi. Pour comprendre pour un non-Africain, imaginez une société où des rites arrivent à « neutraliser » les agissements de sociopathes. Oui, ces rites jouaient ce rôle et l’une des premières actions de l’église, fut de les diaboliser. Chez les Ewondo (groupe Beti), l’élite spirituelle fut progressivement remplacée, tandis que les rites protecteurs étaient frappés d’interdit.

AZANIA (recueil de nouvelles) de Minsili ZANGA MBARGA
2-Offrir une solution qui participe du problème créé

Comment? En proposant souvent par la violence de remplacer ce vide par la nouvelle religion, en sachant que 2-3 générations après, ce sont les descendants des victimes consentantes ou non qui la défendront bec et ongles.

Pour reprendre l’exemple plus haut, après avoir réussi à éjecter les rites protecteurs, après les avoir diabolisé (la fameuse sorcellerie), proposer la « prière », la religion comme solution face à l’explosion de la déviance.

Dans ce contexte, difficile pour une population non avertie, de voir que la « sorcellerie » dont elle se plaint, explose justement parce que ce qui la maintenait sous coupe a disparu.

3-Arriver ainsi à imposer une réalité voulue, née du paradigme imposé

Du très grand art. Après avoir créé un vide, sachant que des problèmes nouveaux vont naître de ce vide, proposer des solutions qui en réalité accentuent les problèmes nouveaux et au final, installer ainsi une réalité programmée par tout ce qui précède.

En général, discuter de ces problématiques avec des Africaisn criyants donnent souvent lieu à des argumentations intéressantes. Par exemple, des propos du pape François. Des Africains chrétiens, mais pas catholiques, vous feront comprendre que cela ne les concerne pas. Ou encore, tout questionnement sur l’église amènera vers ceci : l’église c’est l’église… Jésus c’est Jésus, une façon de faire la distinction entre les deux.

Mon avis sur cette tentative de dissociation

Dissocier église et Jésus? Tour de passe-passe car église et Jésus se confondent dans la réalité vu que l’église est son visage sur terre. Sans elle qui le connaîtrait donc?

En attendant, croyant chrétien ou non, ma dernière parution (Azania) est là pour une plongée dans mon imaginaire littéraire. Rassurez-vous, je n’y parle pas de religion, mais d’histoires à déguster avec Ongola (Yaoundé) en écrin, une actrice à part entière de ces récits. Le livre disponible sur Amazon, Fnac, Google, etc. ©Minsilizanga.com

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