Grammy : Naomi Campbell demande l’inclusion d’une catégorie “afrobeat”, mon avis
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Grammy : Naomi Campbell demande une catégorie “afrobeat”, mon avis

Grammy : Naomi Campbell demande l’inclusion d’une catégorie “afrobeat”, mon avis  

Les Grammy Awards sont la plus grande cérémonie de récompenses de la musique américaine. Très suivis chaque année, leur 62ème édition a eu lieu le dimanche 26 janvier. Présentés par Alicia Keys, les Grammy ont de nouveau été fidèles à leur réputation, entre joies, surprises et controverses.

Parmi celles-ci, le discours de certaines vip afro qui ont indéxé les Grammy. Parmi elle, Sean Combs (Diddy) dont la vidéo a fait le buzz. Mais aussi Tyler, the Creator ou encore Naomi Campbell. Diddy était mis à l’honneur lors du pré-gala organisé par Clive Davis la veille des Grammy. Le rappeur et producteur a reproché à la Recording Academy de ne pas respecter la musique noire et notamment le hip-hop.

Même reproche en filigrane du côté de Tyler, the Creator. Le jeune homme de 28 ans, né d’un père Nigérian (qu’il n’a pas connu) et d’une mère afro-américaine, détonne par son éclectisme musical. Grammy du meilleur album rap (Igor), il a dit ne pas aimer le mot ‘urban », une façon politiquement correcte selon lui de ne pas dire « nègre ».  

De son côté, Naomi Campbell a publié une série de posts sur son compte Instagram pour remercier Angélique Kidjo, mais aussi apporter son soutien à Burna Boy. La Béninoise, nominée pour la cinquième fois de sa carrière dans la catégorie Best World music album, a gagné face à son jeune concurrent parti favori, le Nigérian Burna Boy.  

Voici une traduction du message de Naomi Campbell  :

« Tout d’abord, je tiens à féliciter sincèrement [Angélique Kidjo] pour son prix dimanche, et merci à vous d’avoir répandu la lumière et ouvert les esprits à travers votre musique … Et pour notre GÉANT AFRICAIN [Burna Boy] … ce n’est que par manque d’éducation que vous n’avez pas été honoré des distinctions que vous méritez vraiment. Vous êtes toujours un gagnant dans nos cœurs. TOUJOURS.  

Et à la Recording Academy, Il y a quelque chose qui apporte joie, force et bonheur à moi-même et à tant de gens qui l’entendent, et cela s’appelle Afrobeats. L’Afrobeats est un genre musical diffusé à la radio grand public et aux heures de grande écoute non seulement à travers le continent africain, mais à travers le monde …
Récemment, le genre a été classé dans votre catégorie «Musique du monde» aux Grammys 2020. Cette fausse représentation diminue un genre entier dans lequel un tel niveau élevé de talent a émergé; un genre qui a été une force d’espoir et de positivité pour beaucoup, et un véhicule pour l’art sur le continent africain. Veuillez prendre les 363 prochains jours pour réévaluer et réfléchir à votre point de vue sur la «World Music». Le monde a-t-il pu voter pour ce prix, ou était-ce seulement le peuple américain qui faisait partie de la Recording Academy? Que signifiera cette catégorisation négligente de la musique pour les cultures individuelles? Des cultures qui apportent leur sang, leur sueur et leurs larmes, et tous les niveaux de leur créativité et de leur éthique de travail pour créer de la musique pour VOUS et pour nous tous.
Veuillez vous tenir au courant de l’état de toute la musique populaire aujourd’hui et inclure l’artiste Afrobeats de l’année, la chanson de l’année, l’album de l’année et toutes les sous-catégories que ce genre mérite si bien – comme tout autre genre musical respecté et reconnu . C’est plus grand que vous, alors ouvrez vos yeux, vos oreilles et votre esprit et traitez-nous correctement et avec le respect que nous méritons. @naomi 

Mon avis : j’apprécie Naomi Campbell mais…  

Nul n’oblige les artistes africains à y participer et dès lors qu’on décide de participer à quelque chose, le minimum est d’en respecter les règles. Sinon, on crée pour soi, simplement.

Lorsqu’on met en balance une Angélique Kidjo avec un Burna Boy dans la même catégorie et que les deux ne pipent mot, à quoi s’attendre? Et parlant d’afrobeat, en quoi est-ce différent de faire là aussi une banalisation, un nivellement, une standardisation de la musique africaine?  

Autant je peux comprendre que des Afro-américains se désolent de ne pas être assez représentés dans leur diversité aux Grammy, autant j’ai du mal à voir l’Afrique incluse là-dedans. Les Grammy sont une récompense américaine, pas africaine, qu’importe que l’afrobeat soit mondialement écouté. Demain, un chanteur de country viendra exiger d’avoir sa catégorie dans les Canal D’or (Cameroun) ou autre cérémonie d’un pays du continent?

  Où iront les Rumba, Bikutsi, Mbalax et autres, dans la fameuse catégorie “afrobeat”? Et le lendemain, c’est le Kwato sud-africain ou le Coupé-décalé ivoirien qui demandera à avoir sa catégorie?

Avant de demander aux Américains de leur offrir des catégories, que les concernés (Africains et afrodescendants) commencent déjà par faire preuve d’imagination créatrice, qu’ils commencent par ne pas réduire les musiques africaines à ce fameux “afrobeat” qui ne traduit absolument pas toute la diversité des musiques du continent. ©minsilizanga.com

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