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Urbanisation et protection des autochtones : l’urgence d’une réforme foncière

Urbanisation et protection des autochtones : l’urgence d’une réforme foncière – Le cas du Cameroun

Parce que la cause écologiste et le devenir des populations autochtones de nos Etats africains notamment ceux des grandes villes m’interpellent, je laisserai de temps en temps la culture, la poésie et mes autres thèmes de prédilection pour parler aussi de ces problématiques sociétales de plus en plus prégnantes. Ici, je vous partage un article initialement publié sur le site DZALEU.COM et portant sur l’urgence d’une réforme foncière au Cameroun.

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Urbanisation et protection des autochtones : l’urgence d’une réforme foncière

Alors que l’Afrique est présentée comme le continent du futur, sur place, développement et urbanisation se heurtent de plus en plus au questionnement des populations. En jeu, la question foncière. Qui dit projets de développement, dit besoin de terres. Or, les populations pour qui le foncier constitue le seul legs, s’estiment de plus en plus lésées de leur patrimoine ancestral au profit d’intérêts privés ou extérieurs.

C’est le cas au Cameroun, où le scandale récent de la Vallée du Ntem, est venu mettre sur la place publique, un phénomène rampant : des milliers d’hectares de superficie bradés à des particuliers sous couvert d’utilité publique. Cette question foncière n’est pas nouvelle.

Au Cameroun toujours, les populations de ses capitales politique (Yaoundé) et économique (Douala), ont payé un lourd tribut avec l’arrivée de la « ville. » Sommées de donner des concessions de leur patrimoine à l’Etat, 60 ans plus tard, la réalité montre que ces concessions sont aujourd’hui la propriété de privés et particuliers. Selon l’homme politique camerounais Gilbert BAONGLA (aujourd’hui emprisonné), 87,2% du patrimoine étatique dans la région du Centre (où se trouve Yaoundé), appartiendrait aujourd’hui à des privés. Dans la région du Littoral, ce patrimoine détourné serait de 98,16% et au Sud-Ouest (une des régions anglophones avec pour chef-lieu Buea), ce sont 96,3% du patrimoine de l’Etat qui serait désormais aux mains du privé.

Les populations autochtones et riveraines des grands centres urbains, Yaoundé et Douala notamment, sont soumises depuis près de 70 ans à une quasi-disparition si rien n’est fait

Aujourd’hui, des voix s’élèvent de plus en plus pour demander à l’État de jouer son rôle de garant de l’intérêt commun, et dont des populations autochtones d’autant plus qu’il a signé de nombreux textes et traités internationaux allant dans ce sens.

C’est le cas avec l’homme de Culture et Traditionaliste Beti, Atty BELINGA, autochtone de la ville de Yaoundé. Dans un article intitulé « Il faut des lois qui encadrent la vente de nos terres« , il revient sur le mécanisme qui a conduit et qui continue d’entretenir cette exclusion scientifique des autochtones des zones où l’Etat post-colonial a décidé d’y implanter ses grands centres urbains.

C’est le cas des Ewondo/Bene (sous-groupe Ekang) de la région de Yaoundé. C’est aussi le cas des Sawa au Littoral (Douala). Pour Atty Belinga, l’Etat post-colonial s’est construit au détriment des autochtones, leur faiblesse étant proportionnel au pouvoir acquis par l’Etat.

Après ce constat, il rappelle l’Etat à ses responsabilités. Surtout, il fait des suggestions concrètes. Parmi elles, une loi qui encadre la vente des terres, afin de protéger les intérêts des autochtones et générations futures.©Dzaleu.com – Minsili ZANGA

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